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Jean-Michel Gathy

L’architecte du Luxe.

Si le luxe devait avoir un nom, ce serait probablement celui de l’architecte Jean-Michel Gathy. Si son nom ne vous semble pas familier, ses réalisations sont pourtant célèbres. Le fondateur de l’agence Denniston Architects signe les plus beaux projets de résidences et d’établissements très haut de gamme aux quatre coins du monde.  Nda l’a rencontré et lui a demandé de nous présenter son métier et ses projets.

Portrait de Jean-Michel Gathy

Ses réalisations sont entre autres : Aman Canal Grande à Venise, One&Only Reethi Rah Maldives, Cheval Blanc Randheli aux Maldives, Chedi Andermatt & Residences dans les Alpes Suisses, Andaz de Sanya, Las Brisas de Nizuc au Mexique, le Setai aux USA, le Marina Sands à Singapour.

Tous élégants, luxueux et dessinés à la main, on reconnaît ses projets. L’architecte donne à chaque lieu, qu’il intègre dans son environnement, une véritable personnalité. Ils sont tous des havres de paix pour des séjours authentiques et en même temps dépaysants.

A travers ses voyages en famille, il apprend  à aimer la géographie et l’architecture. Dès neuf ans, le petit belge né en 1955, se voit confier la programmation et l’organisation des vacances familiales.
Il découvre ainsi chaque pays. Diplômé en 1978, il quitte la Belgique en 81 pour l’Asie où il passe la majeure partie de sa vie.
En 1983, il crée son agence Denniston Architects et se spécialise dans la création design d’hôtels haut de gamme. Il devient vite un leader dans le secteur. D’autres agences sont créées depuis :à Kuala Lumpur avec 125 personnes, au Cap, à Belgrade et à Mexico. Depuis près de 25 ans, Jean-Michel Gathy  réside en Malaisie.    
             

Découvrez un peu plus sa personnalité.

Nda :  Quelles sont les difficultés de votre métier ?

JM Gathy : Ce sont toutes les connaissances à associer à l’esthétisme. Etre architecte, c’est avoir de multiples connaissances : des connaissances techniques car il faut savoir comment le produit fonctionne, des connaissances spécifiques liées au planning, au secteur, ici l’hôtellerie, au métier, aux opérations et répondre à des codes.


Il y a tout un dossier technique qui doit s’articuler d’une façon esthétique en suivant un planning et un budget. C’est très compliqué. On compile des fonctions de technicien, d’esthète, de bon hôtelier, de financier, de chef de projet. C’est une danse des compromis, des choix et des priorités. Ce n’est pas un métier facile d’où son intérêt qui fait que nous sommes des passionnés.


Une autre difficulté est de répondre au client. Pour chaque projet, c’est un nouveau client, un nouveau site, de nouvelles conditions (structurelles, météorologiques, géologiques, de codes…). A chaque fois, on repart de zéro. Il n’y a pas de routine, tout est différent. Et bien sûr, il y a également le côté commercial, il faut convaincre le client. 

 

Nda : Quelles sont les particularités liées au secteur du luxe ? Est-ce plus simple de faire un hôtel de luxe qu’un hôtel standard ?

JMG : Le luxe n’est pas plus facile, ni plus difficile. Quel que soit le projet, il s’agit d’articuler tous les éléments d’une façon homogène. La particularité liée au secteur du luxe, c’est qu’il demande une bonne connaissance de ce domaine. Il faut connaître et comprendre le luxe, savoir ce que recherche le client final. Quand on connaît ce monde, on sait comment le traduire. Pour ma part, ça fait 30 ans que je réalise des hôtels de luxe donc je sais ce que veulent les gens, leurs exigences. Je sais comment les satisfaire.

Nda : Ressentez-vous la crise ?

JMG : Non pas fondamentalement. Bien sûr tout le monde a ressenti la crise de 2008 / 2009. Une crise est contrôlée par des mouvements d’argent donc quand il y a une crise, les investisseurs sont plus attentifs, plus vigilants. En ce qui nous concerne, le cabinet Denniston ne ressent pas la crise car nous avons un réseau totalement international. Les projets se partagent le monde donc s’il y a un ralentissement quelque part, ça va mieux de l’autre côté. De plus, nos projets s’étalent sur 4 et 5 ans. Donc, si un projet s’arrête quelque temps, il reprend ensuite. Nous avons toujours du travail car nous sommes globaux.

Nda : Quel est le devenir des palaces ? Comment vont-ils évoluer ?

JMG : Je pense que l’avenir des palaces est rose. Comme on le sait tous, le clivage entre les riches et les pauvres s’agrandit. Il y aura donc toujours des gens avec beaucoup d’argent, qui souhaiteront des produits de qualité, du luxe. Et il y aura toujours une limite au marché du luxe. Etre exclusif, être sélectif, c’est la condition du luxe. Les palaces le resteront (exclusifs) !

Nda : Vous dessinez toujours vos projets à la main ?

JMG : Oui toujours. La main traduit une émotion contrairement à l’ordinateur qui, lui, facilite la technique, la production, la coordination avec d’autres métiers. Dans l’hôtellerie, l’émotion est fondamentale, c’est l’essence du succès. Ma théorie a toujours été celle-ci : un hôtel c’est un endroit où l’on se sent bien, où l’on doit se sentir comme à la maison. « Home away from home » comme on dit en anglais. Une maison est un endroit d’émotions, où on laisse son cœur parler. C’est pareil pour un hôtel. Un hôtel doit être chaleureux, sinon c’est un décor de théâtre. On peut faire vivre cette chaleur par la main.

Nda : Quels projets aimeriez-vous
faire ?

JMG : J’adorerais faire le premier hôtel sur la lune ! Ce serait un vrai challenge avec tout à remettre en question : la dimension des choses, les conditions météo, les techniques d’hébergement, les types de clientèles, les activités à faire ! On ne va pas jouer au foot ou tennis sur la lune ! Qu’est-ce qu’on y ferait ?
Dans un registre plus réaliste, j’aimerais faire un hôtel dans la montagne au Bhutan, dans la roche du désert, un hôtel safari au Botswana, un hôtel dans une ancienne maison de maître à Paris ou à Londres (un ancien palais dans une cour intérieure, place des Vosges par exemple), rénover un château en Provence ou en Dordogne, un hôtel igloo très cosy dans l’Arctique au milieu des glaces, près d’un iceberg… Vous savez il y a tellement de choses que j’aime…

 

Comme vous pouvez le constater Jean-Michel Gathy est un passionné. Sa créativité débordante et son savoir-faire le font incontestablement l’ambassadeur du luxe. Nous ne manquerons pas de vous présenter ses projets plus en détail tout au long de l’année.

 

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Denniston Architects

26th Floor, UBN Tower
10, Jalan P. Ramlee
50250 Kuala Lumpur
Malaysia
Tél.: 603 2031 3418

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