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Nouvelles Gares

Des gares réinventées en région PACA et au Maroc.

 

La gare routière d’Aix-en-Provence et les gares ferroviaires de Toulon, Cannes et Casablanca étaient devenues peu fonctionnelles et inadaptées au nombre croissant de voyageurs. AREP, filiale du groupe SNCF branche Gares & Connexions, s’est chargé de leur rénovation et de leur restructuration. Ce groupe multidisciplinaire international, spécialisé en aménagement et construction, qui réunit, entre autres, des urbanistes, des architectes et des ingénieurs, se présente comme un « concepteur de la ville en mouvement ». Découvrons leurs projets.

           

 

Gare routière d’Aix-en-Provence

 

La gare routière de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui accueille près de 1 900 mouvements de cars quotidiens, ne répondait plus aux besoins des réseaux de transports, ni aux exigences de sécurité et de confort. La création d’une nouvelle gare, plus fonctionnelle et mieux adaptée, devenait indispensable. Le projet a débouché sur la conception d’un pôle d’échanges dont la gare routière est le cœur. Sa situation, proche du centre-ville et connectée aux grands axes de circulation, constitue un atout majeur dans le fonctionnement des transports collectifs.

La plateforme dédiée à la gare est élargie : un talus situé au sud a laissé la place à un mur de soutènement végétalisé. Doté d’une puissante capacité d’absorption acoustique, celui-ci réduit les nuisances sonores de la circulation des cars. Le gain de surface permet de créer des espaces piétons, isolés des circulations des véhicules.

Le site est divisé en deux parties : au sud, la partie routière, dédiée à l’accès et à la circulation des cars, et, au nord, la partie 100% piétonne, qui assure la liaison entre les côtés est et ouest et inclut des services.

Cette partie se déploie selon un axe long de 200 mètres, reliant les différents flux piétons. Elle abrite les quais, la billetterie, la salle d’attente, un accueil sécurisé des vélos, de la vente à emporter et une prise en charge taxis.

La gare se compose de deux entités majeures : une grande galerie des voyageurs et un bâtiment d’exploitation. Les lieux ouverts aux piétons constituent un prolongement des espaces publics de la ville. Fermés, ouverts ou couverts, ils sont en totale harmonie avec l’environnement urbain aixois.


Les espaces publics aux abords de la gare offrent une vue d’ensemble sur celle-ci. Le sol des espaces extérieurs est unifié par un revêtement en pierre naturelle calcaire. Une promenade urbaine agrémentée de bancs de pierre s’étend à l’ombre de platanes, ponctuée d’espaces plus larges, à l’image des places de la ville d’Aix.


La galerie des voyageurs, construction ouverte de 2 000 m2, se divise en deux parties principales, desservant chacune une zone de dix quais. L’architecture reprend le rythme des façades d’immeubles du cours Mirabeau. L’ensemble des constructions du site se cale aussi sur cette trame de 3,28 mètres, qui contribue à son intégration dans l’environnement. La galerie se compose d’arcs successifs formant des croisées au dessin dissymétrique. L’habillage des persiennes métalliques à recouvrement module la perception de l’édifice selon les jeux de lumière sur les structures en acier laqué d’un blanc pur.


Le projet intègre des plantations dont l’implantation varie en fonction de la configuration urbaine. Le mur de soutènement se compose de cassettes accueillant des végétaux endémiques de la région. Il s’agit de la plus grande surface verticale végétalisée en France.


Le bâtiment d’exploitation abrite entre autres les espaces publics, par exemple une salle d’attente de 150 m2 dont une partie des façades peut coulisser aux beaux jours.

 

 

Gare de Toulon

 

L’accroissement du trafic (4 millions de voyageurs par an) et l’insuffisance des espaces dédiés aux passagers rendaient nécessaire une recomposition de la gare et de ses abords.

La situation de la gare est complexe : proche du centre-ville et des grandes activités administratives, elle est aussi à proximité d’une grande artère routière et se trouve sous l’emprise de la gare routière. Il est difficile d’y accéder en voiture depuis le centre et son parvis est étroit.


Le projet s’est donc articulé autour de la recomposition des espaces et de la volonté de mettre le piéton au cœur du nouvel aménagement.


La réorganisation du site devait garantir l’accessibilité simple et lisible à la gare, et créer une interaction efficace des divers modes de transport. Il fallait remettre en synergie les différents éléments : parvis, zone dépose-minute, prise en charge des taxis, stationnement des véhicules et des deux-roues.


Le réaménagement du parvis met l’accent sur l’accueil et la qualité. C'est devenu un carrefour central occupé par les seuls piétons. Un axe piétonnier relie les gares ferroviaire et routière, le buffet, les déposes, les stationnements… Planté d’oliviers, qui rappellent l’appartenance à la Méditerranée et à la Provence, ce parvis dégagé met en scène la façade historique de la gare, dont l’architecture Second Empire est soulignée de lumière la nuit. Les sols sont en pierre naturelle, en lien visuel et fonctionnel avec les espaces publics de la ville, et leur calepinage prolonge la trame du bâtiment historique.


Les espaces de la gare étant devenus obsolètes et difficilement accessibles, les accès sont restructurés et la capacité d’accueil augmentée, tout en conservant la structure d’origine. Le projet s’est fortement appuyé sur son architecture classique et a cherché à en renforcer l’identité. Sur toute la longueur de la façade principale du bâtiment voyageurs de nouveaux points d’accès sont ouverts, correspondant aux différents services et évitant le risque d’engorgement.


Le bâtiment historique est allégé des avancées en inox posées dans les années 80 et les façades des ailes sont reconstituées en pierre calcaire et en brique, ce qui restitue le volume de la gare dans sa globalité. Deux espaces de transition entièrement vitrés sont créés à l’extérieur du bâtiment historique : une nouvelle galerie des voyageurs dessert l’ensemble de la gare et fait le lien entre les différents services : commerces, cafés, espace de vente restructuré… Fermée l’hiver, elle peut s’ouvrir largement sur le parvis l'été grâce à de grands châssis coulissants. Le hall retrouve également son volume d’origine après la dépose du faux plafond et des bureaux en mezzanine. Avec l’élargissement latéral des espaces porte avec la galerie, la surface disponible est portée de 384 m2 à 630 m2.


Deux halls d’été de 200 m2 sont créés, situés au droit des ailes de la gare sous une ombrière, et étroitement liés au hall intérieur par la galerie des voyageurs.


L’ensemble des services est repensé afin d’assurer la cohérence des nouveaux flux et les aménagements urbains.

 

 

Gare de Cannes

 

La gare, qui accueille 4 millions de voyageurs par an, souffrait de dysfonctionnements majeurs : intermodalité défectueuse, vieillissement des espaces d’accueil, saturation des lieux, mauvaise lisibilité des fonctions, absence de fluidité des parcours. Une situation incompatible avec l’objectif de 6 millions de voyageurs à la fin des années 2010.


De plus, la gare et ses abords formaient une barrière physique entre les quartiers nord et sud du site.


Le projet est donc de créer une intermodalité performante, avec des cheminements clairs pour les piétons, en réorganisant les espaces extérieurs. Il s'agit aussi d'optimiser les surfaces liées au service, au commerce et au confort, et de requalifier les espaces en restructurant le bâtiment voyageurs. Le programme a l’ambition de transformer l’image même du site. L’unité du nouvel ensemble lui donne une visibilité renouvelée dans la cité.


Le projet est axé sur la recomposition des espaces sur les emprises foncières actuelles de la gare, afin de mettre le piéton (voyageur ou citadin) au cœur du dispositif. L’accessibilité, la lisibilité des parcours et des fonctions sont simplifiées et mises en synergie. Des parvis sont aménagés, l’un, bas, au sud, réservé aux transports collectifs, l’autre, haut, au nord, accueille la dépose minute et permet l’accès aux automobilistes venant de l’est. Une extension comprenant un escalier monumental et un belvédère assurent la connexion des deux parvis et, par extension, des quartiers nord et sud en liaison avec la Croisette.


Un front bâti - bâtiment voyageurs, commerces, hôtel… - met en valeur des fonctions désormais clairement définies.

Restructuré, le bâtiment voyageurs présente aujourd’hui une longue façade urbaine qui en unifie les différentes parties et donne une véritable cohérence au parvis sud. De grandes fenêtres créent des mini-séquences urbaines, d’ouest en est, comme autant d’images se succédant sur la pellicule d’un film.


La nouvelle liaison piétonne verticale assure la visibilité de la gare depuis la Croisette et crée un belvédère offrant la mer en perspective.

A l’extérieur, un escalier monumental semble directement taillé dans la pierre grâce à ses glacis bruts latéraux.


Le parvis sud, principalement dédié aux piétons, est réaménagé, traité dans la continuité des espaces publics de la ville et du sol clair de la gare. Des arbres ombragent les espaces d’attente et des massifs d’essences méditerranéennes forment une trame régulière. La nuit, un éclairage sublime l’architecture de la façade.


Dans le bâtiment voyageurs les accès sont restructurés, les espaces agrandis et modernisés. La capacité d’accueil est portée de 550 m2 à 965 m2, par le déplacement de la limite nord du hall et l’alignement de la nouvelle surface vitrée le long des quais. La surface globale des commerces est passée de 362 m2 à 653 m2.

 

  

GARE DE CASA-PORT

 

Vétuste, la gare de Casablanca nécessitait d’être reconstruite afin de pouvoir accueillir les 25 millions de voyageurs attendus à terme. Située face à l'entrée du port de Casablanca, entre la médina et le quartier Art déco, l'organisation de la gare s’inscrit dans une réflexion globale de recomposition urbaine de la côte et des quartiers situés en lisière du port.


Le pôle d’échanges regroupe sous une vaste toiture les espaces de circulation et d'attente des voyageurs, les services, un ensemble de commerces et un parc de stationnement souterrain sur deux niveaux. Un immeuble d’activité tertiaire complète le projet et amorce un nouveau développement immobilier le long du boulevard des Almohades. Espace majeur de la gare, la halle de 2 500 m2  est parallèle au quai transversal qui facilite les flux et abrite tous les services. Elle s’ouvre au sud-ouest sur un large parvis et au nord-est sur les quais. Sa grande couverture de bois et d'acier, à la géométrie rigoureuse, est soutenue par de fines colonnes qui s’évasent dans leur partie supérieure pour laisser pénétrer une lumière tamisée vers l’espace intérieur. Ses façades, totalement vitrées, assurent une continuité de l'espace public intérieur - extérieur et permettent une lecture anticipée de l’organisation de la gare et des cheminements pour le voyageur. Côté ouest, un « moucharabieh » contemporain en béton de fibre s’interpose entre la ville et la gare afin d’atténuer les rayons du soleil de l’après-midi.


Par ses espaces, ses matériaux contemporains, tels les bétons clairs haute performance et les menuiseries en acier, sa lumière et sa géométrie, la gare s'inscrit dans la grande tradition des palais et bâtiments publics marocains, tout comme elle rend hommage à la modernité permanente de Casablanca.

 

 

La modernisation des gares routières et ferroviaires est en marche. Elle passe les frontières.

Il reste encore beaucoup d'autres gares à venir et à découvrir, mais c'est en bonne voix... non voie !

 

 

 

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