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Les Cristalleries Saint-Louis

Un écrin de lumière pour le cristal Saint-Louis.

 

Implantée dans la vallée de Munsthal, au cœur des forêts vosgiennes dans le pays de Bitche, la manufacture de Saint-Louis a inauguré « La Grande Place ». Le musée abritant la collection permanente et les événements des arts de la table mais aussi le comptoir de vente ont été réalisés par les architectes Florence Lipsky et Pascal Rollet. L'ancienne verrerie devenue au XVIIIe siècle, par ordre de Louis XV, la verrerie royale Saint-Louis a vite supplanté en Europe le verre de Bohème et son cristal de couleur. Les œuvres furent longtemps conservées dans le grenier de l'usine. Sur 7 000 objets, 2 000 sont répertoriés et exposés dans le nouveau musée.

 

Concept du projet

Le projet a pour objectif d'accentuer la magnificence du cristal et de faire découvrir le savoir-faire de la manufacture. C'est pour cette raison que le parti pris architectural est sobre et contemporain. Le fil conducteur est le grenier de Saint-Louis, la chambre de cristal où toutes les pièces historiques sont conservées. C'est la mémoire du site. Sa charpente et son bois rustique contrastent avec la préciosité du cristal scintillant dans les combles de ce bâtiment du XIXe.

 

Pour les architectes, l'évidence était de conserver cette image du grenier dans le nouvel espace. Il sera le fil conducteur du projet. Le musée est lumineux et prend place dans la grande halle de production, au-dessus de la fosse ouverte du foyer d'un ancien four. La particularité du musée est qu'il ne touche ni les murs, ni le toit, ni la structure de la halle. Il est indépendant et met en scène les maîtres verriers et leurs gestuels. Deux plongeoirs suspendus servant de passerelles projettent le visiteur dans le volume de la Halle et lui permettent d’observer les souffleurs de cristal en pleine activité autour du four.

 

L'architecture du lieu

La structure en bois s'élève en pente doucesur 3 niveaux. Les visiteurs (même ceux à mobilité réduite) peuvent monter progressivement au sommet tout en longeant les collections présentées dans une vitrine continue de 1,50 m de profondeur. La halle est constituée d'un haut volume parallélépipédique de 67 m de long sur 19,80 de large.  La surface de travail est de 1 326 m2 et la hauteur libre sous ferme est de 8,40 m.

 

La construction est taillée dans un bois de douglas massif (structure, poteaux,  poutres de 15 x 15cm) et enveloppée d’une simple peau de polycarbonate ondulé qui assure une isolation minimale avec l’air ambiant de la grande halle de production. Le volume du musée est lui chauffé en hiver ou rafraîchi en été par un système à air pulsé. Des gaines de diffusion d’air sont diffusées en sous-face des rampes et une colonne montante de distribution principale prend place dans l’angle sud-ouest. Les rampes sont constituées de plateaux de douglas contrecollé. Ces panneaux reposent sur des poutres de rives massives formant limon, elles-mêmes supportées par des consoles localisées au droit des paliers en porte à faux. L’atrium intérieur est traversé par des poutres sous-tendues par des câbles en acier galvanisé, permettant la reprise des charges induites par une variation de lustres (60 à 120 lumières) suspendus à la superstructure. Les façades polycarbonate sont supportées par des ossatures secondaires en bois, suspendues aux fermes de la charpente, et fixées contre les rampes périphériques. Elles forment une main-courante et une protection contre le vide.

 

Aujourd’hui, un seul four à 12 pots sur les trois est en service. Le four central a été démonté. Une arche de re-cuisson occupe l’espace. Le four le plus ancien a été détruit. Le foyer et les poches à verre, décaissés dans le grès, apparaissent  aujourd’hui dans le sol de la halle comme une fosse ouverte de 6,22 m x 14 m et de 5,20 m de profondeur. Depuis le niveau de l’étage de travail des verriers, on aperçoit d’anciennes traces de feu sur des restes de maçonnerie de briques et les arches des galeries voûtées de ventilation. Ces ruines évoquent un chantier archéologique qui raconte le jeu ancestral du feu et de la terre.

 

La scénographie signée Philippe Délis est animée par une mise en lumière et par une évocation imagée et filmique des processus industriels et des styles artistiques, replacés dans leur contexte historique. Une muséographie illustrée par 20 vidéos guide le visiteur à travers les 4 siècles d’histoire de cette manufacture royale, filiale du groupe Hermès depuis 1989.

Le musée propose un parcours de découverte sur 953 m qui s'achève au dernier étage par l'illumination de 5 splendides lustres dans l'espace d'exposition temporaire. A la sortie du musée, le comptoir des ventes de la manufacture propose les dernières créations.

Avec cette réalisation, l'agence Lipsky + Rollet Architectes perpétue l'âge d'or de la cristallerie française, ses traditions et son savoir faire. Un projet qui devait absolument figurer dans cette rétrospective car il est l'exemple même du talent de nos architectes.



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La Grande Place Musée des Cristalleries Saint-Louis

Rue Coëtlosquet

57620 Saint-Louis-lès-Bitche

Tél. : 03 87 06 40 04

lagrandeplace@saint-louis.com

www.saint-louis.com

 

Lipsky + Rollet Architectes

21 rue du Tunnel

75019 Paris

Tél. : 01 48 87 16 33

www.lipsky-rollet.com

 

Intervenants

Maître d’ouvrage : Association Saint-Louis Cristal/Lumière en Pays de Bitche 

Maître d’ouvrage délégué : Cristal Saint-Louis

Maîtrise d’Œuvre : Florence Lipsky + Pascal Rollet

Suivi des études : Catherine Fleury, suivi de chantier : Laurent Thierry

Scénographie : Philippe Délis

Muséographie : Marcel Meyer, en collaboration avec Philippe Délis

Signalétique : Intégral Ruedi Baur & associés

Bureau d’études : SFICA + Gaujard technologie

Economie : Bureau Michel Forgue

 

Gros œuvre, revêtements de sols : Sotravest

Charpente bois : Le Bras Frères

Façade, couverture : Zilhardt Staub

Menuiserie, miroiterie : Neiter + Siebring

Métallerie, serrurerie : Hollaender

Plomberie, CVC : Forclum Lorraine

Eclairage scénographique : Evalux

Revêtements de sols : SGR

Matériel audiovisuel, réalisation audiovisuelle : Passages

Graphisme : Médicis

Supports Muséographiques : Barem

Présentation des manipulations : Atelier des Trois Coups