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MBL mène toujours l’enquête

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Par Anne-Marie Fèvre, le 22 janvier 2024.
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Les deux immeubles haussmanniens de l’APHP.

Très fouineurs, les architectes Sébastien Martinez-Barat et Benjamin Lafore ont bien investigué. En 2023, à Paris, ils mettent leurs élucidations en pratique, avec la reconversion de l’îlot haussmannien de l’APHP.

On les a d’abord repérés à fureter un peu partout en France. À la revue Face b, avec Aurélien Gillier, où ils écrivent. À partir de 2015, on les suit à la Villa Noailles, où ils inventent des expositions aux sujets peu étudiés, comme les skateparks et les boites de nuit. On les retrouvera lors de la reconversion en cours de La Main Jaune à Paris. Les jeunes architectes Sébastien Martinez-Barat et Benjamin Lafore intriguent. Entre pop culture et radicalisme italien, un peu dandy un peu hardis, ils affirment leur volonté de participer à un débat sur l’architecture, qu’ils abordent « comme une recherche, une enquête ». Sébastien-Barat écrit : « En architecture on ne sait rien, notre savoir de réserve ne nous donne pas de longueurs d’avance… L’enquête dessine une trajectoire non linéaire, imprévisible et faite d’allers et retours. » Elle est la condition de la pensée éclectique qu’ils adoptent ; l’éclectisme serait « l’expres­sion d’une enquête bien menée »1.

Ronds-points

C’est peut-être parce qu’ils ont vécu dans des cités pavillonnaires, du « vernaculaire industriel », que ces deux jeunes larrons, nés en 1983 à Toulouse, vont « se reconnaître » à l’école d’architecture de la Ville rose autour d’une vision architecturale et urbaine peu enseignée. Comme les ronds-points et lotissements. Pas dans un culte d’une banalité esthétisée si prisée, mais dans un rapport au réel, au quotidien, avec sincérité.

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    Architecture, l'esprit du lieu

    Dernière ligne droite pour une distinction mondiale

    Par Nat Lecuppre, le 6 mars 2025
    Pour une agence d’architecture, la reconnaissance absolue est de voir son projet nominé pour le prestigieux Prix Versailles. Créé en 2015, ce prix célèbre l’excellence en architecture et en design intérieur. Il prime les plus belles réalisations du monde dans les catégories suivantes : commerces, hôtels et restaurants. Elle récompense les transformations par l’architecture et le design d’espaces culturels et commerciaux.  Le Studio Atra fondé par Alexander Diaz Anderson et l’architecte Grant Blakeslee ont réalisé le restaurant ILIS à Greenpoint, Brooklyn. Ce lieu gastronomique, sous l’égide du chef Mads Refslund, offre une expérience sensorielle où le design et la cuisine se marient. ILIS a été imaginé dans un ancien entrepôt de 418 m2 qui servait dans le passé à la fabrication de caoutchouc. Son architecture de style industriel est très prononcée avec des murs en briques et des chevrons en bois. Pour plus de luminosité, une lucarne d’angle à 5,20 m de haut surplombe le restaurant, le structure et laisse entrer la lumière naturelle. Les comptoirs d’accueils sculpturaux en métal oxydé et le mobilier choisi marquent la signature moderne et futuriste d’Atra. Qui est bien plus qu’un studio d’architecture, c’est aussi une marque de meubles haut de gamme qui les fabrique dans son usine à Mexico.  Diaz Anderson aime préciser qu’il crée des espaces visuellement impressionnants mais profondément fonctionnels et engageants pour tous. Les espaces sont dynamiques et répondent aux attentes du chef. Une cuisine témoin est le cœur du restaurant. Les cuisiniers et les serveurs sous le regard de chacun deviennent des acteurs. La pièce maîtresse des lieux est un nuage, un carré aux coins arrondis qui surplombe la cuisine. Il permet de définir les espaces et d’atténuer les bruits. Atra s’est engagé pour un design durable dans les moindres détails, de la verrerie sur mesure de William Couig aux uniformes créés par Camilia Staerk.  Avec ILIS, une nouvelle page des paysages culinaires et design s’écrit. Résultat du Prix Versailles : fin d’année. 
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    Architecture, l'esprit du lieu

    CapitaSpring une expérience à part entière

    Par Sipane Hoh, le 15 janvier 2025
    Dans le ciel de Singapour, parmi les tours de formes et de tailles différentes, s’élève CapitaSpring, le nouveau gratte-ciel biophilique où cœxistent avec allégresse résidences, bureaux, restaurants et commerces. L’ensemble mixte à l’aspect caractéristique qui porte les deux prestigieuses signatures de BIG-Bjarke Ingels Group et CRA-Carlo Ratti Associati offre une expérience à part entière. À Singapour, non loin du quartier CanningHill Piers, le long de la rivière Singapour à la croisée de Phillip street et Church street, une architecture à la fois imposante et originale interpelle le passant. Entourée d’autres constructions compactes et surtout climatisées, la séduisante réalisation des deux agences d’architecture BIG-Bjarke Ingels Group et CRA-Carlo Ratti Associati amorce une nouvelle ère et crée la différence. Le projet est situé au cœur du quartier d’affaires, sur le site d’un ancien centre commercial. Il comprend 51 étages et offre à la ville une nouvelle référence concernant le bureau du futur mais aussi le core-flex, un principe qui répond à l’adoption croissante de stratégies de travail hybrides. Après quatre années de construction pour le compte de CapitaLand Development (CLD), CapitaLand Integrated Commercial Trust et Mitsubishi Estate Co. Ltd., plus de 99 % des espaces de bureaux et de vente au détail ont été réservés. Ce gratte-ciel à usage mixte de 93 000 m² se caractérise par le jeu dynamique des lignes orthogonales de ses façades. Peu de villes dans le monde bénéficient de la végétation luxuriante de Singapour. Ici, les espaces paysagers composent avec l’architecture intérieure aux lignes fluides et les textures contrastées. À plusieurs altitudes, les éléments verticaux constituant les façades sont séparés pour permettre d’apercevoir les oasis vertes. Celles-ci fleurissent depuis la base et continuent vers le centre de l’édifice jusqu’au toit. Cela ressemble à un jeu savant de cache-cache qui garde le visiteur en appétence. CapitaSpring renforce la réputation de Singapour en tant que cité-jardin. De la rue, des allées sinueuses méticuleusement végétalisées créent des entrées naturelles vers le City Room, un espace ouvert généreux de dix-huit mètres de haut situé au pied de la tour. Ce lieu accueille les usagers des bureaux et des résidences dans des halls séparés ainsi que les acheteurs et les convives du grand espace, dédié aux guinguettes. L’éclairage y joue un rôle important, rasant les murs, il rend les hauteurs encore plus majestueuses. L’emblématique Market Street Hawker Center qui se trouvaient auparavant sur la même parcelle, a été recréé aux 2e et 3e étages du bâtiment avec un food-court de cinquante-six échoppes. Le concept a pour rôle l’expérience culinaire, il fait partie intégrante de la culture locale et vient renforcer le cœur battant de la ville. À l’heure du déjeuner, l’énorme espace se remplit et l’animation prend le dessus. À la croisée des approches. « Notre conception vise à perpétuer l’urbanisme vertical pionnier de Singapour avec un quartier diversifié de 280 m de haut regroupant des lieux de travail, de vie et de jeu à l’intérieur comme à l’extérieur. En raison du caractère unique de l’urbanisme de Singapour – à la fois extrêmement dense et vert – nous avons décidé de faire du design une exploration verticale de l’urbanisme tropical. Au niveau du
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    Architecture un lieu

    Le futur écosystème de Kiabi

    Par Nat Lecuppre, le 25 mars 2023
    En 2024, le site laboratoire de Kiabi sera installé à Lezennes, près de Lille. Réalisés par l’agence d’architecture Avant-Propos et Etixia, la filiale immobilière de Kiabi, les 30 000 m2 seront une vitrine du savoir-faire de la marque. Une destination famille Le projet véhiculera les valeurs du groupe et de ses engagements : « Toujours plus pour les familles ! » Bien plus qu’un siège social, l’adresse ouverte sur la ville sera un lieu expérientiel, multifonction et multiactivité alliant le tertiaire au shopping et aux loisirs. Elle incarnera la vision de Kiabi avec cette nouvelle destination ouverte valorisant les familles. Un espace de vie accessible à tous reprendra les valeurs de la marque avec une mode et des solutions durables. La vision 2030 de Kiabi Le lieu mixte proposera des bureaux (15 000 m2 pour les collaborateurs de Kiabi et 6 000 m2 pour des tiers), un flagship « marketplace » de 3 000 m2, un pôle de restauration de 2 000 m2, une crèche de 350 m2 avec 35 berceaux, 5 800 m2 d’espaces paysagers et parvis destinés aux animations culturelles et sportives ainsi que de deux niveaux de parking (918 places de stationnement). L’espace restauration prendra une dimension conviviale et un jardin potager sera mis à la disposition de tous les occupants. Un projet aux multiples enjeux Pour Patrick Stassi, CEO Kiabi, l’entreprise doit créer de la valeur sociétale et économique mais être également un incubateur et accélérateur des solutions de demain. Pour Éric Grimonpon, Directeur général d’Etixia, les lieux sont pensés pour former une véritable place des familles. Ils recréent un lien entre la zone commerciale et la ville mais aussi entre les clients, les habitants et les salariés. La réalisation de ce projet est fondée sur quatre axes stratégiques : être un commerçant local, devenir la marque préférée des familles, développer avec des impacts positifs et être des « kiabers » entrepreneurs ouvrant sur leur écosystème. Un programme écoresponsable Le futur site Kiabi est ouvert sur son environnement. La lumière naturelle y prendra place. Les plus hauts standards environnementaux sont visés. Les matériaux biosourcés en circuits courts sont privilégiés et proviendront du recyclage textile. En phase d’exploitation, une attention sera portée à la sobriété énergétique et à la préservation des ressources naturelles. Ce programme d’envergure qui sera un nouveau modèle de destination familiale verra le jour avec une ouverture au public au 4e trimestre 2024. Dès cette date, après analyse des fréquentations, nous verrons si le pari de Kiabi est tenu et si sa vision représente bien celle de demain.

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