Architecture un lieu

Une promenade shopping et environnementale

Par Nat Lecuppre, le 21 février 2024.
Promenade Moleon
© Francis Amiand

Les frères architectes et designers Bismut & Bismut, après avoir excellé dans le secteur du luxe, se révèlent talentueux en signant un centre commercial à Langon, dans la région bordelaise, pour le compte du promoteur Alain Lafforgue.

Avec le projet du centre Moléon, les architectes ont souhaité démontrer que l’on peut rendre le luxe accessible et faire d’un projet « populaire » des lieux de qualité et accueillants, aux coûts maîtrisés.

La promenade Moléon

Cette promenade innovante et écoresponsable est l’anti-modèle d’une galerie commerciale classique. Elle incarne le shopping d’aujourd’hui ancré dans le territoire et se marie avec la nature environnante.

La prise de conscience énergétique et écologique associée à la crise du Covid en 2020 rebat la programmation du projet initial. Le promoteur et les architectes décident de bousculer les choses et de transformer le projet amorcé en un lieu totalement local et ancré dans le territoire accompagné d’une démarche éco-responsable proche de leurs valeurs. Ce fut pour Bismut & Bismut un véritable challenge à relever. Le fil conducteur de leur concept est l’authenticité et de donner une véritable identité aux espaces créés.

La nature au cœur du projet

Une attention particulière est portée aux matériaux sourcés de la région. Les architectes jouent avec les surfaces, les textures et la nature. Les circulations sont fluides et organiques. Les flux sont régulés. Des zones de détente, de calme s’alternent avec des zones « d’accélérations ». Le site est pensé comme un décor avec une vraie scénographie pour stimuler les échanges et les découvertes.

L’objectif est de permettre à chacun de s’approprier des espaces, de les vivre seul ou en famille. La promenade Moléon est authentique, joyeuse et propose diverses expériences aux visiteurs.

Elle se marie avec la nature et devient le miroir des ressources et des éléments patrimoniaux du Sud-Gironde. Les architectes ont fait appel aux artisans et aux entreprises locales. Pour les matériaux, on trouve des clôtures en ganivelle de châtaignier mais aussi des sols à base de pierres en castelith, un matériau durable et naturel. Ce dernier est élaboré par une entreprise locale langonaise et appliqué pour la première fois dans un espace commercial.

Une cuve enterrée de 120 m3 récupère les eaux de pluie pour l’arrosage et les sanitaires du centre. La biodiversité plantée est favorisée avec 40 essences végétales (oliviers, arbousiers, magnolia, bruyère…). Pour le revêtement de façade, on a 1 300 m2 de pin douglas, épicéa, chêne français et acacia. 1 500 m2 de panneaux photovoltaïques sont posés sur la toiture et produisent 500 000 kWh par an.

La promenade est imaginée comme un village où il fait bon vivre. Une visite s’impose !

Galerie d'images (13)
    Partagez cet article autour de vous
    Facebook
    Twitter / X
    LinkedIn
    Pinterest
    E-mail
    À découvrir
    Image
    Urbanisme

    Tourcoing retrouve tout son prestige

    Par Nat Lecuppre, le 11 février 2026
    Avec le projet de l’ancienne halle Sernam réhabilitée, la ville de Tourcoing retrouve une nouvelle jeunesse. L’Atelier WOA signe ce projet hydride et redonne vie à un quartier dans la ville tout en prenant en compte la densification urbaine. Avec le projet de la Halle Centrale, les architectes de l’Atelier WOA conçoivent à la demande du promoteur Aventim un programme hybride constitué de bureaux, d’un hôtel de 59 chambres et d’un restaurant panoramique exploité par le groupe Najeti – l’hôtel Quai Central – ainsi que de 70 places de stationnement. Conserver le côté historique des lieux Le parti pris architectural est d’allier patrimoine et modernité. Dans cette optique, le réemploi de briques in situ est appliqué et une des façades est préservée. L’écriture architecturale de cette réalisation est influencée par une double partition volumétrique et un système constructif mixte béton-bois. Un projet ambitieux Les enjeux pour la ville de Tourcoing sont importants. Il s’agissait de créer un pôle d’attraction économique au cœur d’un quartier en pleine effervescence et d’affirmer sa présence au sein de la Métropole européenne de Lille. Un passé chargé d’histoire Au XIXe siècle, la ville était la reine du textile. On y trouvait des filatures, des usines de teinture de la laine, des fabriques de tapis, de tapisseries, de tissus d’ameublement, de confection de bas, bonnets, vêtements et moquettes ainsi que le travail de la fibre synthétique. Ces activités ont marqué l’architecture de Tourcoing. La brique était omniprésente et contrastait avec les éléments architecturaux industriels (poutrelles d’acier, sheds et baies à meneaux métalliques pour éclairer les ateliers…). Proche de la Belgique, les échanges économiques sont nombreux et une gare est construite en 1842. En 1905, un second bâtiment d’une façade de 110 mètres permet de gérer les flux de marchandises, des voyageurs et des activités de douane. Cette nouvelle gare est sur une place très fréquentée. Une grande halle métallique abrite les quais. La Halle Sernam s’y ajoute et prend en charge le transport des colis et bagages. En 1970, le déclin de l’industrie textile plonge Tourcoing dans une profonde crise économique. Depuis quelques années, des sites témoins du glorieux passé de la ville sont réhabilités. En 1984, l’usine d’impression sur étoffes MCR Prouvost est transformée en logements par Reichen & Robert. Avec le redéploiement des lignes de train (ligne à grande vitesse en 1993, Ouigo en 2015, TER et Intercités), la gare de Tourcoing est la troisième gare de la métropole après Lille-Flandres et Lille-Europe. En 2012, la Sernam dépose le bilan et laisse à l’abandon sa halle et ses terrains en plein cœur de ville. Celle-ci doit donc revoir son aménagement avec la rénovation de l’ancien hôtel de la gare et de la halle des douanes. Il fallait créer un pôle d’attraction économique au cœur d’un quartier en pleine effervescence et asseoir la présence de Tourcoing au sein de la Métropole européenne de Lille face à sa rivale, la ville de Roubaix. En 2018, la halle Sernam est rachetée par la ville et revendue au promoteur Aventim en 2019. Un programme mixte est donc développé. Un siège social Le groupe Vertbaudet a été créé en 1963
    Image
    Architecture un lieu

    Un concept de restauration revu avec… Arte

    Par Nat Lecuppre, le 9 février 2024
    L’agence de branding et de design Lonsdale vient de signer le nouveau concept de restaurant Del Arte. Elle réinvente l’expérience client qui devient plus appropriée aux nouveaux modes de consommation. Del Arte se réinvente Le leader de la restauration italienne souhaitait se repositionner pour cibler une clientèle plus jeune et plus urbaine. Il s’agissait donc d’imaginer un nouveau concept et de repenser l’offre F&B, les services, la marque… L’agence devait relever le défi de trouver une nouvelle identité, un nouveau positionnement, un concept retail fort et offrir une expérience omnicanale. Le nouveau concept Del Arte intègre de nouveaux services et des espaces évolutifs pour chaque moment de la journée. Ce modèle répond aux attentes des consommateurs d’aujourd’hui de la restauration rapide. Le digital et le nomadisme prennent place. Côté graphisme, le style retenu est plus urbain, coloré, dynamique avec des scènes de vie qui représentent l’Italie moderne et vivante. Le restaurant traditionnel se transforme en lieu de vie variant selon les moments de la journée et avec des ambiances différentes selon les espaces. De nouveaux services sont proposés : click & collect, livraison… Trois espaces sont créés : Ristorante, Cafferitivo et A casa. Ristorante est le restaurant plus traditionnel dans un espace convivial et cosy. Cafferitivo est un bar comptoir à l’entrée de l’établissement ouvert toute la journée. On peut s’y retrouver entre amis pour voir des événements sportifs sur un écran ou partager des moments musicaux. A casa est dédié à la vente à emporter, au click & collect avec un drive et un parcours 100 % digitalisé. Avec ce concept de restauration, Del Arte devient une vitrine des nouveaux modes de consommation. Le premier restaurant ouvert sur ce modèle est celui de Joué-lès-Tours avec une superficie de 344 m2 et de 90 places assises. L’ambition de la marque est d’ouvrir six restaurants par an dont deux ouvertures et une transformation de restaurant sur la base de ce concept.
    Image
    Architecture, l'esprit du lieu

    Un projet urbain mixte KIABI Village

    Par Nat Lecuppre, le 26 décembre 2024
    Ce projet, qui sera inauguré à la fin de l’été, prône une place royale aux familles. À l’origine de celui-ci, la marque de prêt-à-porter KIABI et sa société immobilière patrimoniale, Etixia. KIABI Village, situé à Lezennes dans les Hauts-de-France (59), est un espace de 30 000 m2 qui dévoile le visage des centres de demain. À savoir, des lieux mixtes, verts et urbains, ouverts à tous mais aussi adaptés aux usages d’aujourd’hui. Une architecture pensée pour les familles. Le bâtiment est doté d’une belle empreinte environnementale. Il est certifié BREEAM Very Good ***. On a un toit végétalisé de plus de 2 000 m2, des espaces verts d’une superficie de plus de 5 500 m2, un éclairage naturel prédominant + brise-soleil, une cuve de récupération d’eau pluviale pour une autoconsommation à hauteur de 15 %, des isolants biosourcés… Le bien-être des familles est mis au cœur de la conception. L’objectif est d’attirer les familles et de les inviter à flâner, jouer, se restaurer et faire du shopping dans un nouveau magasin KIABI. Le Parvis est un lieu de vie et de détente. Pour imaginer les lieux, les équipes de KIABI et d’Etixia ont pris en compte les attentes des personnes qui viendront au Village. Il fallait des zones de jeux pour les enfants afin qu’ils aient envie de suivre leurs parents. Quant aux adolescents, ces derniers rêvaient d’un espace vert pour se retrouver après les cours ou le samedi après-midi. Un food court restaurera tout le monde et selon tous les goûts. Les habitants du quartier souhaitaient une offre plus traditionnelle avec des indépendants et une âme. Une crêche avec 35 berceaux prendra place sur le site. Elle sera destinée aux enfants de KIABI, d’Etixia et aux familles du quartier, notamment aux parents en difficulté (berceaux solidaires). Le magasin KIABI est un laboratoire à innovations avec des prestations inédites (services de retouches, personnalisations, pop-up, un nail bar, un espace ados, un espace seconde main avec Kidkanaï…). KIABI Village est un lieu de travail qui, avec le magasin, les bureaux d’Etixia et quelques entreprises partageant le même écosystème et valeurs, accueillera un millier de collaborateurs. Deux espaces seront disponibles à la location, l’Incubateur et le Liciena avec une superficie de 5 000 m2. KIABI Village est ouvert sur son écosystème 24h / 24 et 7j / 7. Il assure une transformation périurbaine efficace et pérenne.

    Laisser un commentaire

    18 − seize =